Categories Beauté, Culture

“Pourquoi les filles aiment le rose ?” suite basée sur le documentaire « Princesses, Pop Stars & Girl Power », à voir et revoir sur Arte +7. Décryptage en bref du rapport ambiguë qui perdure entre le féminisme, la consommation, et la girl culture.

La burqa de chair

Le monde du star-système reste ancré dans la vieille opposition rétrograde qui oppose la vierge à la putain et qui, de fait, refuse aux femmes le droit d’être, comme le tout un chacun, des individus complexes et nuancés.

L’exemple de Miley Cyrus, qui suit le même parcours que toutes les Disney kids qui l’ont précédée, est plutôt parlant quand on constate qu’elle est brusquement passée du statut d’adolescente vierge et aseptisée, à celui de pop-star trash et hyper sexualisée. Elle est le reflet des pauvres alternatives proposées par une société définitivement manichéenne quand il s’agit de représenter l’individu féminin.

Des décennies de luttes pour l’égalité des sexes ont tout de même permis des progrès notables. Notamment en ce qui concerne la reprise de possession du corps féminin par les femmes elles-mêmes, au travers d’une auto-sexualisation autrefois prohibée. D’ailleurs, avis aux amatrice de lingerie sexy et de bijoux fantaisie, ces affections ne sont pas incompatibles avec la pensée féministe, bien au contraire ! Tout est une question de libre arbitre. Or, le message transmis aux jeunes filles par les médias et le monde de la pop-culture est assez ambiguë dans ce domaine. Il prétend le plus souvent qu’une femme épanouie, qui jouit d’une vie sexuelle libre, doit forcément le montrer par sa tenue vestimentaire.

Bien que les clips des pop-stars montrent que les célébrités ne sont pas dupes (voir le clip de Rihanna – Pour it Up), l’image qui domine est celle de femmes objets. Les femmes sont libres de choisir leurs représentations, mais dans un éventail très restreint, et finalement, assez similaire, toujours manichéen. L’écrivaine québécoise Nelly Arcan parle de burqa de chair pour traduire le respect des injonctions médiatiques assumé par les femmes occidentales, et exprimé au travers de leur transformation d’elles-mêmes en un idéal qui souvent mutile leur corps et voile leur individualité.